| Type : Guide pédagogique | Auteur : équipe La Mine Française
En 2009, un ordinateur de bureau posé sur une table suffisait à miner un bloc entier. Aujourd’hui, un Antminer S21 XP du catalogue avale 3645 W en continu, et il finit le plus souvent dans un datacenter partenaire à l’étranger, plutôt que dans un salon. Dix-sept ans séparent ces deux images, et il s’est passé beaucoup de choses au milieu : quatre halvings, la disparition de la plus grosse plateforme d’échange de l’époque, une récompense de bloc tombée de 50 à 3,125 BTC. Tu peux lire cette histoire dans le matériel bien mieux que dans les courbes de cours. On la reprend dans l’ordre.
L’histoire du Bitcoin tient ici en une frise datée. Les essais de monnaie numérique d’avant 2008, le livre blanc d’octobre 2008 et le bloc de genèse de janvier 2009, les 10 000 bitcoins de la pizza, puis les machines qui se succèdent : carte graphique, circuit reprogrammable, circuit dédié. Puis viennent la chute de Mt. Gox, la guerre des blocs de 2017, l’interdiction chinoise de 2021, les quatre halvings (une récompense de bloc divisée par deux à échéances programmées) et l’état du réseau aujourd’hui. Chaque étape porte une date et un chiffre vérifiable, jamais une impression.
Bitcoin est un registre de comptes public, tenu en double par des milliers d’ordinateurs qui se surveillent, sans banque au centre. Les mineurs, ce sont les machines qui inscrivent les transactions dans ce registre et qui sont payées en bitcoins pour ce travail. Voilà le rappel de base, si le sujet est neuf pour toi.
Si tu veux le fonctionnement en détail, il est ici : comprendre Bitcoin simplement. Cette page reste sur les dates et sur le matériel. On référence ces machines au catalogue, alors c’est par elles qu’on raconte l’histoire.
L’histoire du Bitcoin en une frise datée, de HashCash au quatrième halving :
| Date | Jalon de l’histoire du Bitcoin | Ce que ça change pour le minage |
|---|---|---|
| 1997 | Adam Back publie HashCash | La preuve de travail devient exploitable, brique reprise par Bitcoin |
| 31/10/2008 | Publication du livre blanc Bitcoin | Pose la règle du jeu, dont la récompense de bloc |
| 03/01/2009 | Bloc de genèse miné | Le minage démarre, sur processeur d’ordinateur |
| 12/01/2009 | Première transaction, bloc 170 | Le réseau transfère de la valeur entre deux machines |
| 22/05/2010 | Deux pizzas payées 10 000 BTC | Premier prix payé en biens réels |
| Courant 2010 | Passage à la carte graphique | Le débit unitaire bondit d’un facteur de plusieurs dizaines |
| Novembre 2010 | Premier groupement de mineurs | Le minage cesse d’être une activité solo |
| Fin 2011 à 2012 | Premiers circuits reprogrammables | Meilleure efficacité, fenêtre commerciale d’environ deux ans |
| 28/11/2012 | Bloc 210 000 | Récompense de bloc de 50 à 25 BTC |
| 19/01/2013 | Premier lot de circuits dédiés livré | La carte graphique devient non rentable en quelques mois |
| 28/02/2014 | Faillite de Mt. Gox | Coup porté à la confiance, pas au réseau technique |
| 09/07/2016 | Bloc 420 000 | Récompense de bloc de 25 à 12,5 BTC |
| 2016 | Le réseau dépasse 1 EH/s | Entrée dans l’échelle industrielle |
| Août 2017 | Bifurcation de la chaîne et SegWit | Deux chaînes distinctes ; SegWit réorganise le chargement des transactions, comme un camion mieux rempli |
| 11/05/2020 | Bloc 630 000 | Récompense de bloc de 12,5 à 6,25 BTC |
| Mai-juin 2021 | Interdiction chinoise | Puissance de calcul du réseau tombée à environ 57,5 EH/s au creux |
| 10/01/2024 | Feu vert de la SEC à 11 ETF au comptant | Accès grand public sans machine ni portefeuille |
| 19/04/2024 | Bloc 840 000 | Récompense de bloc de 6,25 à 3,125 BTC |
Avant 2008, les tentatives qui n’ont pas abouti
Bitcoin ne sort pas de nulle part en 2008 : trois systèmes de monnaie numérique l’ont précédé, HashCash, b-money et Bit Gold. Adam Back publie HashCash en 1997 comme filtre anti-spam, et Bitcoin en reprendra la mécanique telle quelle pour le minage. L’idée tient en une image : pour obtenir le droit d’écrire la page suivante d’un registre, tu dois d’abord résoudre un calcul volontairement coûteux. C’est ce qu’on appelle le proof of work, la preuve de travail.
Le calcul exigé par la preuve de travail, c’est un hachage : une empreinte numérique unique, impossible à falsifier. On la recalcule des milliards de fois jusqu’à en trouver une qui rentre dans les clous. Facile à vérifier, pénible à produire. Tout le minage tient là-dedans.
En 1998, Wei Dai décrit b-money : une monnaie électronique pseudonyme, avec un registre public répliqué chez les participants. Elle n’est jamais sortie du papier. Nick Szabo conçoit Bit Gold dans la même période, entre 1998 et 2005 selon les sources, qui ne s’accordent pas sur la date de publication. C’est le proto-Bitcoin le plus cité par la communauté, et il s’inspire directement de HashCash.
Ces trois systèmes savaient rendre un calcul coûteux, aucun ne savait empêcher qu’une même unité soit dépensée deux fois sans arbitre central. C’est ce verrou-là qui saute en 2008. Si le vocabulaire te freine, garde sous la main le lexique complet du minage : les termes reviennent tout au long de cette frise.
2008-2009, le livre blanc, le bloc de genèse, la première transaction
Le réseau Bitcoin démarre le 3 janvier 2009 à 18h15 UTC, avec le minage du bloc 0, celui qu’on appelle le bloc de genèse. Le livre blanc, lui, a été publié deux mois plus tôt, le 31 octobre 2008, sur la liste de diffusion cryptography. Il est signé du pseudonyme Satoshi Nakamoto.
Ce document décrit comment un réseau sans autorité centrale peut empêcher qu’une pièce numérique soit dépensée deux fois. Les motivations de Satoshi, on les laisse de côté. Ici, c’est le quand et le quoi.
Le bloc de genèse crée 50 BTC, techniquement inutilisables. Il porte aussi une phrase inscrite en dur dans ses données, reprise de la une du Times datée du 3 janvier 2009 : « The Times 03/Jan/2009 Chancellor on brink of second bailout for banks ».
Neuf jours plus tard, le 12 janvier 2009, le bloc 170 enregistre la première transaction du réseau : 10 BTC envoyés à Hal Finney. Il fait partie des tout premiers à faire tourner le logiciel. Preuve de concept validée. Deux machines indépendantes venaient de se transférer de la valeur sans intermédiaire.
Côté matériel, tout se fait sur processeur. Le minage sur processeur, c’est un ordinateur de bureau ordinaire qui tourne avec le logiciel officiel, sans aucune pièce dédiée. Aucune source primaire fiable ne donne le débit exact de ces premières machines, donc on ne t’inventera pas de chiffre. Ce qui est établi, c’est qu’un PC standard suffisait à décrocher des blocs entiers.
Satoshi Nakamoto échange alors avec les premiers contributeurs du projet. Qui se cache derrière ce pseudonyme, on ne le sait toujours pas, et pour cette frise ça ne change rien : le code tourne depuis 2009 sans son auteur, dont le dernier message public remonte à avril 2011.
2010-2012, la pizza, le passage du processeur à la carte graphique, le premier halving
Le 22 mai 2010, Laszlo Hanyecz paie deux pizzas 10 000 BTC : c’est la première transaction commerciale documentée du réseau Bitcoin. L’offre est postée le 18 mai sur le forum BitcoinTalk et un utilisateur l’accepte quatre jours plus tard. Le détail de la commande varie selon les récits. Le montant et la date, eux, sont solides.
La carte graphique remplace le processeur
Courant 2010, des mineurs portent le calcul sur carte graphique. Une carte grand public délivre plusieurs dizaines de fois le débit d’un processeur. Elle sait faire la même opération simple en parallèle, des milliers de fois à la fois. Une AMD Radeon HD 5870 tourne autour de 330 à 375 MH/s, jusqu’à 450 MH/s en surcadençage. C’est le premier armement matériel du réseau : à partir de là, miner devient une question d’équipement, plus de bonne volonté.
Novembre 2010, Marek Palatinus lance Slush Pool, le premier pool de minage. Si tu mines aujourd’hui, tu passes presque forcément par là. Un pool, c’est une cagnotte commune : plusieurs mineurs additionnent leurs tentatives et se partagent la récompense au prorata de ce que chacun a apporté. Les sources convergent sur le mois, pas sur le jour.
Le premier halving, 28 novembre 2012
Au bloc 210 000, la récompense de bloc passe de 50 à 25 BTC : c’est le premier halving du Bitcoin, survenu le 28 novembre 2012, une prime divisée par deux, à échéances programmées dans le code, que personne ne peut décaler. En face, la difficulté de minage joue le rôle d’un curseur qui règle le niveau de l’examen selon le nombre de candidats : plus il y a de puissance branchée, plus l’examen se durcit, pour que les blocs continuent de tomber au même rythme.
2013-2016, l’ère ASIC, Mt. Gox, le deuxième halving
Le 19 janvier 2013, Canaan livre le premier lot d’ASIC Bitcoin, environ 300 machines Avalon : un ASIC, c’est un outil taillé pour une seule tâche, comme une clé qui n’ouvre qu’une serrure. Le minage bascule définitivement vers la puce sur-mesure. Un Avalon de 2013 sort 66 GH/s pour 620 W. Un circuit reprogrammable comme le ModMiner Quad plafonnait autour de 800 MH/s pour environ 40 W en 2012.
Si tu veux le détail de ce que contient une de ces machines et de la façon de lire ses caractéristiques, va voir comprendre les mineurs ASIC. Le circuit reprogrammable, le FPGA, a tenu deux ans à peine : une puce à mi-chemin entre l’ordinateur généraliste et l’usine sur-mesure. Il était plus efficace que la carte graphique, sans le coût d’un circuit gravé.
Butterfly Labs a livré ses ASIC avec un retard massif sur ses promesses de 2012. La FTC a engagé des poursuites en 2014 pour pratiques commerciales trompeuses. Premier épisode de défiance envers un fabricant.
Mt. Gox, l’ordre exact des causes
Mt. Gox n’a pas été effacée par un krach : des bitcoins ont disparu de ses réserves, la plateforme s’est retrouvée insolvable, elle a fait faillite, et c’est ça qui a pesé sur le cours. Le 7 février 2014, Mt. Gox suspend tous les retraits. Le 24 février, la plateforme suspend tous les échanges et son site passe hors ligne. Le 28 février, elle dépose le bilan au Japon en annonçant environ 850 000 BTC manquants. C’est à peu près 7 % de l’offre en circulation à l’époque.
Le 20 mars, Mt. Gox annonce en avoir retrouvé environ 200 000 BTC dans un vieux portefeuille de 2011. Le déficit tombe alors à environ 650 000 BTC. Le réseau, lui, n’a pas raté un bloc.
Le 9 juillet 2016, au bloc 420 000, deuxième halving : la récompense de bloc tombe de 25 à 12,5 BTC. La même année, le hashrate du réseau dépasse 1 EH/s. Le hashrate, c’est le nombre de tentatives effectuées chaque seconde par l’ensemble des mineurs, comme des tickets de loterie achetés en continu. Bitmain compte alors parmi les principaux fabricants.
2017-2020, la guerre des blocs, SegWit, le troisième halving
Le 1er août 2017, au bloc 478 558, une partie de la communauté fait bifurquer la chaîne et Bitcoin Cash apparaît. C’est un hard fork : une route qui se divise en deux, chaque camp continuant sur sa branche avec ses propres règles. Le désaccord portait sur la taille des blocs, d’où le nom de guerre des blocs.
Quelques semaines plus tard, en août 2017, au bloc 481 824, SegWit est activé sur la chaîne Bitcoin historique. SegWit revient à réorganiser le chargement d’un camion pour transporter plus avec la même remorque. Le format des transactions est restructuré, ce qui ouvre la voie à un système de paiement plus rapide construit par-dessus Bitcoin, le Lightning Network, et clôt le conflit côté chaîne d’origine. Le jour exact d’activation varie d’environ un jour selon les sources.
Le cours a beaucoup bougé sur cette période, à la hausse puis à la baisse. On ne te donnera pas de chiffres de cours ici. Une hausse ne se lit jamais sans la chute qui a suivi, et cette frise suit les machines, pas les cours. Côté fabricants, Bitmain n’est plus seul : MicroBT, avec sa gamme Whatsminer, et Canaan sont eux aussi sur le marché. Bitmain, MicroBT et Canaan figurent toujours au catalogue de La Mine Française (LMF) aujourd’hui.
Côté machines, la course ne porte plus sur la puissance brute mais sur la façon d’évacuer la chaleur. Le refroidissement à air laisse peu à peu la place à l’hydraulique puis à l’immersion, qui tiennent des densités que la ventilation ne supporte pas. Ça se voit encore sur la durée de vie du matériel : 2 à 3 ans en air, 4 à 5 ans en hydraulique, 5 à 7 ans en immersion.
Le 11 mai 2020, au bloc 630 000, troisième halving : la récompense de bloc passe de 12,5 à 6,25 BTC.
2021-2024, l’interdiction chinoise, le Salvador, les ETF, le quatrième halving
En mai et juin 2021, plusieurs provinces chinoises interdisent le minage et la puissance de calcul du réseau s’effondre. Le hashrate mondial tombe à environ 57,5 EH/s au creux. La puissance de calcul du réseau remonte ensuite : les machines partent vers les États-Unis, le Kazakhstan et la Russie. Entre décembre 2021 et février 2022, le réseau retrouve puis dépasse son niveau d’avant, avec un record d’environ 248 EH/s. Les relevés d’époque convergent sur ce chiffre, sans être au jour près.
Ce qu’on a appris là, c’est qu’un pays peut débrancher le minage chez lui sans arrêter le réseau : les machines déménagent, la difficulté s’ajuste, les blocs continuent de tomber.
En juin 2021, l’Assemblée législative du Salvador adopte la Bitcoin Law, entrée en vigueur le 7 septembre 2021. Bitcoin y devient utilisable pour payer impôts, biens et services, aux côtés du dollar. Première loi au monde de ce type, et tu ne trouveras aucun équivalent en Europe à cette date.
Le 10 janvier 2024, la SEC approuve 11 ETF Bitcoin au comptant aux États-Unis. À partir de là, un particulier peut s’exposer au bitcoin depuis un compte-titres classique, sans portefeuille, sans plateforme crypto et sans machine.
⚠️ Avertissement AMF, risque crypto-actifs : les crypto-actifs ne sont pas réglementés comme produits d’investissement traditionnels. Leur cours peut connaître des variations importantes à la hausse comme à la baisse. Vous pouvez perdre tout ou partie du capital investi. Ce contenu ne constitue pas un conseil en investissement au sens de l’article L321-1 du Code monétaire et financier. Avant tout achat de matériel de minage à des fins lucratives, évaluez votre situation personnelle et consultez si nécessaire un conseiller en investissement financier (CIF) agréé AMF.
Le 19 avril 2024, au bloc 840 000, quatrième halving. Les quatre halvings du Bitcoin, en un tableau :
| Date du halving | Hauteur du bloc | Récompense de bloc avant | Récompense de bloc après |
|---|---|---|---|
| 28/11/2012 | 210 000 | 50 BTC | 25 BTC |
| 09/07/2016 | 420 000 | 25 BTC | 12,5 BTC |
| 11/05/2020 | 630 000 | 12,5 BTC | 6,25 BTC |
| 19/04/2024 | 840 000 | 6,25 BTC | 3,125 BTC |
Les jalons français et européens
En France, le statut PSAN naît avec la loi PACTE du 22 mai 2019, et il est aujourd’hui remplacé par le régime européen MiCA. Rien de tout ça ne t’oblige à quoi que ce soit si tu mines chez toi, mais autant savoir de quoi on parle quand on te sort ces sigles. Le décret n° 2019-1213 du 21 novembre 2019 confie l’enregistrement à l’AMF, sur avis de l’ACPR. L’enregistrement PSAN couvre trois activités :
- la conservation d’actifs numériques,
- l’achat-vente d’actifs numériques contre monnaie légale,
- l’exploitation d’une plateforme d’échange.
Les exigences se durcissent le 1er juillet 2023 avec l’enregistrement renforcé, puis une seconde fois le 1er janvier 2024.
Le règlement européen MiCA entre en vigueur le 29 juin 2023. Ses dispositions sur les stablecoins s’appliquent au 30 juin 2024, le reste au 30 décembre 2024. C’est à cette date que le régime européen prend la suite du PSAN français. Ces textes encadrent les prestataires de services et la fiscalité, pas la machine posée chez toi.
🇪🇺 Conformité MiCA : depuis le 30 décembre 2024, les services sur crypto-actifs en France et dans l’Union européenne sont encadrés par le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets). Les prestataires de services sur actifs numériques (PSAN/CASP) doivent être agréés par l’AMF en France. La Mine Française n’est pas un prestataire de services sur crypto-actifs au sens du règlement MiCA : son activité est la vente de matériel informatique de minage et l’hébergement en datacenter, ce qui ne relève pas de l’agrément PSAN/CASP. Pour la vente, l’achat ou la conservation de crypto-actifs, faire appel à un prestataire enregistré PSAN/CASP. Vérifiez le statut de tout intermédiaire avant utilisation : registre PSAN/CASP sur amf-france.org.
Côté impôts, la loi de finances 2019 a posé le cadre applicable aux particuliers : les plus-values de cession d’actifs numériques relèvent du prélèvement forfaitaire unique de 30 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Une option pour le barème progressif reste possible. En dessous de 305 euros de cessions sur l’année, tu es exonéré. La déclaration passe par le formulaire 2086.
🏛️ Fiscalité crypto en France : le régime fiscal du minage de cryptomonnaies évolue régulièrement. Les chiffres présentés ici sont indicatifs et basés sur la législation en vigueur à la date de l’article. Avant toute décision, consultez votre conseiller fiscal ou rendez-vous sur impots.gouv.fr pour les règles applicables à votre situation personnelle.
2025-2026, où en est le réseau aujourd’hui
Au relevé du 17 août 2026, le réseau Bitcoin tourne à 909 EH/s et la récompense de bloc est de 3,125 BTC. Le bitcoin s’échange à 54 649,53 €, pour une difficulté de minage de 127 479 855 693 691 au même relevé.
Ce chiffre ne veut rien dire tout seul. En 2016, franchir 1 EH/s marquait l’entrée du réseau dans son ère industrielle. Dix ans plus tard, la puissance de calcul se compte en centaines d’EH/s, et la difficulté a suivi le même mouvement, puisque c’est précisément son rôle. Plus il y a de machines branchées, plus le curseur monte, et le rythme des blocs, lui, ne bouge pas.
Le prochain halving est estimé à 2028, au bloc 1 050 000 : la récompense de bloc sera de nouveau divisée par deux, à 1,5625 BTC. La date exacte dépend de la vitesse à laquelle les blocs s’enchaînent, elle ne se fixe pas au calendrier. Aucune prévision de cours ici, ni pour 2028 ni pour demain : ce que le protocole annonce, c’est une quantité émise, jamais un prix.
Ce que l’histoire du matériel dit du minage d’aujourd’hui
Entre le processeur de 2009 et un ASIC de 2026, ce n’est pas un gain de vitesse. C’est un changement de métier. Un Antminer S23 annonce 318 TH/s pour 3498 W, quand l’Avalon de janvier 2013 sortait 66 GH/s pour 620 W.
Les générations de matériel de minage Bitcoin, du processeur à l’ASIC :
| Génération de matériel | Période | Exemple de machine | Débit de calcul | Consommation électrique |
|---|---|---|---|---|
| Processeur | 2009-2010 | Ordinateur de bureau standard | Non mesurable de façon fiable, aucune source primaire | Celle du PC entier, rien de dédié |
| Carte graphique | 2010-2011 | AMD Radeon HD 5870 | Environ 330 à 375 MH/s, jusqu’à 450 MH/s en surcadençage | Plusieurs centaines de watts, sources divergentes |
| Circuit reprogrammable (FPGA) | Fin 2011 à 2012 | ModMiner Quad | Environ 800 MH/s | Environ 40 W |
| Circuit dédié (ASIC), 1re génération | Janvier 2013 | Avalon, Canaan | 66 GH/s | 620 W |
| ASIC actuel, format compact | aujourd’hui | Avalon Q, Canaan | 90 TH/s | 1674 W |
| ASIC actuel, format datacenter | aujourd’hui | Antminer S23, Bitmain | 318 TH/s | 3498 W |
Sur un ASIC, le chiffre qui compte aujourd’hui n’est ni le débit ni la consommation pris seuls, c’est le rapport des deux. Cette efficience énergétique se mesure en joules par terahash, J/TH. Combien d’énergie la machine dépense pour une unité de calcul. Plus le chiffre est bas, mieux c’est.
Un Antminer S21 XP est donné à 13,5 J/TH, un Antminer S23 à 11,0 J/TH. Toute l’histoire du matériel de minage tient dans cette course-là : à chaque génération, produire le même calcul avec moins d’électricité.
Ce qu’on mesure, nous, sur les machines qu’on suit
LMF est revendeur de ces machines ASIC. Elle propose leur hébergement en datacenter chez 16 partenaires répartis dans 11 pays, aucun en France. Ça donne quelques repères concrets. Entre la commande et la machine opérationnelle chez un partenaire, on compte 8 à 14 jours.
Le contrat fixe un plancher de 95 % d’uptime sur 90 jours glissants, la disponibilité moyenne observée tourne autour de 99 %. Et sur la durée de vie, on retient 2 à 3 ans en refroidissement à air et 4 à 5 ans en hydraulique. En immersion, il faut compter 5 à 7 ans.
Une règle qu’on n’assouplit jamais : toute machine d’occasion destinée à l’hébergement part d’abord en audit chez notre partenaire de République tchèque. Ça se passe avant la moindre mise en production. Piratage, malware, état technique réel. Une seule machine compromise met en danger toutes celles qui tournent à côté. Du coup, le neuf part directement au datacenter choisi, l’occasion fait le détour.
C’est là qu’aboutit la trajectoire commencée en 2009 sur un ordinateur de bureau. Le calcul est devenu une affaire d’électricité, de refroidissement et d’emplacement, bien plus que de puissance brute.
Questions fréquentes sur l’histoire du Bitcoin
Qui est Satoshi Nakamoto ?
Bitcoin a été créé par une personne, ou un groupe, connu sous le pseudonyme Satoshi Nakamoto. Il publie le livre blanc du projet le 31 octobre 2008, puis mine le tout premier bloc du réseau le 3 janvier 2009. Son identité réelle n’a jamais été confirmée. Son dernier message public date d’avril 2011.
Quand le Bitcoin a-t-il été créé ?
Le réseau Bitcoin démarre le 3 janvier 2009 à 18h15 UTC, avec le minage du bloc de genèse, le tout premier bloc de la chaîne. Le projet existait déjà sur papier depuis le 31 octobre 2008, date de publication du livre blanc qui pose les règles du système. Deux mois séparent donc la théorie de la mise en service réelle du réseau.
Quel a été le premier achat en bitcoin ?
Le 22 mai 2010, Laszlo Hanyecz a payé deux pizzas 10 000 BTC : c’est la première transaction commerciale documentée du réseau. Elle est restée célèbre sous le nom de « Bitcoin Pizza Day ». L’offre avait été postée le 18 mai sur le forum BitcoinTalk, acceptée quatre jours plus tard par un autre utilisateur. Le détail exact de la commande varie selon les récits, mais le montant et la date sont solidement établis.
Comment minait-on le Bitcoin au début ?
Au tout début, en 2009, miner du Bitcoin se faisait sur un simple ordinateur de bureau, avec le logiciel officiel installé, sans aucune pièce dédiée. C’est ce qu’on appelle le minage sur processeur. Ce montage a suffi à décrocher des blocs entiers pendant plus d’un an. Courant 2010, les mineurs sont passés à la carte graphique. Elle traite le même calcul plusieurs dizaines de fois plus vite, en le répartissant sur des milliers d’unités en parallèle.
Qu’est-ce que Mt. Gox ?
Mt. Gox était la plus grosse plateforme d’échange Bitcoin au monde, jusqu’à sa chute en 2014. Le 7 février, Mt. Gox suspend tous les retraits. Le 24 février, elle suspend tous les échanges et son site passe hors ligne. Le 28 février, elle dépose le bilan au Japon en annonçant environ 850 000 BTC manquants, soit environ 7 % de l’offre en circulation à l’époque. Une partie a ensuite été retrouvée, ramenant le déficit final à environ 650 000 BTC. Le réseau Bitcoin, lui, n’a jamais été affecté techniquement.
Le Bitcoin est-il légal en France ?
Oui : détenir, miner ou dépenser du Bitcoin est légal en France. Les textes encadrent les prestataires de services, pas la détention ni le minage. Ce qui est encadré, c’est l’activité des prestataires de services : achat-vente, conservation, plateformes d’échange. Cette activité passe par le règlement européen MiCA, qui a remplacé le statut PSAN fin 2024. Les gains issus d’une cession restent imposables : vérifie les règles applicables à ta situation sur impots.gouv.fr avant toute décision. Détails réglementaires et fiscaux dans les encadrés MiCA et fiscalité de cet article.
Quelle différence entre miner avec un ordinateur en 2009 et un ASIC aujourd’hui ?
En 2009, un simple ordinateur de bureau suffisait à miner un bloc, sur son processeur, sans aucune pièce dédiée. Le débit exact de ces machines n’est pas mesurable, faute de source primaire fiable. Un ASIC actuel est un circuit conçu pour une seule tâche, capable de plusieurs centaines de terahashs par seconde en consommant plusieurs kilowatts. Ce n’est pas un simple gain de vitesse, c’est un changement de métier, du matériel généraliste à l’outil industriel dédié.
Pourquoi la Chine a-t-elle interdit le minage de Bitcoin en 2021 ?
En mai et juin 2021, plusieurs provinces chinoises, dont le Sichuan et le Xinjiang, interdisent le minage de Bitcoin sur leur territoire. La puissance de calcul du réseau s’effondre alors à environ 57,5 EH/s au plus bas, avant de remonter. Les machines déménagent vers les États-Unis, le Kazakhstan et la Russie. Entre décembre 2021 et février 2022, le réseau retrouve puis dépasse son niveau d’avant l’interdiction.
Ce qu’il faut retenir
Trois choses à retenir de l’histoire du Bitcoin, si tu envisages de miner aujourd’hui.
Le matériel se périme, et vite. La carte graphique a écrasé le processeur en 2010, puis le circuit dédié a balayé le reste en 2013. Le circuit reprogrammable, lui, n’a tenu qu’environ deux ans avant de disparaître à son tour. Une machine de 2026 ne se juge donc pas sur sa puissance brute, mais sur son efficience : l’énergie qu’elle dépense pour le même travail.
La récompense de bloc baisse par paliers annoncés à l’avance. 50 BTC en 2009, 25 en 2012, 12,5 en 2016, 6,25 en 2020, 3,125 depuis avril 2024. C’est le seul paramètre du réseau que tu connais avant qu’il arrive.
L’endroit compte autant que la machine. En 2021, la Chine a interdit le minage sur son sol. La puissance de calcul du réseau est tombée jusqu’à environ 57,5 EH/s en quelques semaines, avant d’être retrouvée ailleurs. Le réseau Bitcoin tourne aujourd’hui à 909 EH/s, relevé du 17 août 2026.
Un dernier repère, chiffré celui-là. L’écart entre les générations, notre équipe le tient à jour fiche par fiche au catalogue. Le premier ASIC Avalon, livré en janvier 2013, sortait 66 GH/s pour 620 W. Le S21 XP qu’on référence aujourd’hui est à 270 TH/s pour 3645 W. Deux fiches, deux mondes.
Le reste tient au dimensionnement : la place dont tu disposes, le bruit que tu supportes, ton tarif d’électricité. Reste aussi à savoir si la machine reste chez toi ou part en datacenter partenaire à l’étranger. Si tu en es là, l’étape suivante est de voir quel ASIC Bitcoin choisir.
À propos de La Mine Française
La Mine Française (LMF) est un revendeur français de matériel de minage Bitcoin et un intermédiaire d’hébergement en datacenter. Domiciliation administrative : 60 rue François 1er, 75008 Paris. Contact : contact@laminefrancaise.fr. Site : https://laminefrancaise.fr. L’hébergement se fait chez 16 datacenters partenaires répartis dans 11 pays, aucun en France.
Notes légales
🇪🇺 Conformité MiCA : depuis le 30 décembre 2024, les services sur crypto-actifs en France et dans l’Union européenne sont encadrés par le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets). Les prestataires de services sur actifs numériques (PSAN/CASP) doivent être agréés par l’AMF en France. La Mine Française n’est pas un prestataire de services sur crypto-actifs au sens du règlement MiCA : son activité est la vente de matériel informatique de minage et l’hébergement en datacenter, ce qui ne relève pas de l’agrément PSAN/CASP. Pour la vente, l’achat ou la conservation de crypto-actifs, faire appel à un prestataire enregistré PSAN/CASP. Vérifiez le statut de tout intermédiaire avant utilisation : registre PSAN/CASP sur amf-france.org.
⚠️ Avertissement AMF, risque crypto-actifs : les crypto-actifs ne sont pas réglementés comme produits d’investissement traditionnels. Leur cours peut connaître des variations importantes à la hausse comme à la baisse. Vous pouvez perdre tout ou partie du capital investi. Ce contenu ne constitue pas un conseil en investissement au sens de l’article L321-1 du Code monétaire et financier. Avant tout achat de matériel de minage à des fins lucratives, évaluez votre situation personnelle et consultez si nécessaire un conseiller en investissement financier (CIF) agréé AMF.