Évolution du prix des ASIC Bitcoin : le prix au téra monte au lieu de baisser

Par l’équipe éditoriale de La Mine Française. Dernière mise à jour : 10 octobre 2026.

Le prix au téra d’un mineur ASIC ne baisse plus, il monte. Génération après génération, l’étiquette rapportée à la puissance de calcul s’alourdit, à rebours de ce qu’on attend d’un produit électronique. Ce que ce supplément achète, ce n’est pas de la puissance, c’est de l’efficience énergétique. Et c’est l’efficience, pas le prix d’achat, qui décide de la durée de vie économique d’une machine.

Cette évolution du prix des ASIC Bitcoin se lit sur notre propre catalogue. Sur les mineurs ASIC SHA-256 du catalogue de La Mine Française dont l’année de sortie est connue, relevés le 15 septembre 2026, la médiane du prix au téra passe de 8,9 €/TH en 2023 à 16,9 €/TH en 2026, soit environ 90 % de hausse (4 machines dans la cohorte 2023, 2 dans celle de 2026). Sur la même période, l’efficience énergétique médiane s’améliore de 18,9 à 9,7 J/TH. Ce sont des médianes de catalogue, pas des statistiques du marché mondial des ASIC.

Deux mouvements de sens opposé, un seul acheteur pour les payer tous les deux. Repères marché au 10 octobre 2026 : le Bitcoin cote 73 856,05 €, le hashrate réseau est à 945 EH/s.

Pour un acheteur, ça déplace la question. Devant deux fiches produit, elle n’est plus « laquelle est la moins chère », mais « laquelle tiendra encore dans quelques années au tarif d’électricité que je paie ». Deux machines affichées à un prix au téra quasi identique peuvent présenter des factures annuelles dans un rapport de près du simple au double. C’est tout le sujet de cet article.

Ce que vous y trouverez : une grille de lecture en trois chiffres, le prix au téra (€/TH), l’efficience énergétique (J/TH, la consommation électrique par unité de puissance de calcul) et le coût électrique annuel. Vous y trouverez aussi les quatre forces qui déplacent ces prix, et la raison pour laquelle deux machines de la même année de sortie peuvent afficher des prix au téra dans un rapport de près de un à huit.

Ce que vous n’y trouverez pas : une fenêtre d’achat, une projection de prix, un conseil. On décrit une mécanique, on ne dit pas quand acheter. Si les bases du minage vous manquent, le guide complet du minage Bitcoin les pose ; ici, on part du principe que vous savez lire une fiche technique.

Ce que « prix d’un ASIC » veut dire vraiment

Le prix d’un mineur ASIC ne se lit pas en euros. Il se lit en euros par térahash et en joules par térahash. Deux fiches du catalogue LMF suffisent à le démontrer, au relevé du 15 septembre 2026 : le Whatsminer M50S (126 TH/s) est affiché 899 €, l’Antminer S21+ Hyd (358 TH/s) est affiché 2 349 €. Plus de deux fois et demie d’écart sur l’étiquette. Et pourtant, ramené à la puissance de calcul, l’écart ne se resserre pas, il s’inverse : 7,13 €/TH pour la moins chère des deux, 6,56 €/TH pour la plus chère.

Combien coûte un mineur ASIC aujourd’hui ? Sur le catalogue LMF (relevé du 15 septembre 2026), quelques repères : 309 € pour un Avalon Nano 3S de 6 TH/s, 899 € pour un Whatsminer M50S de 126 TH/s, 2 349 € pour un Antminer S21+ Hyd de 358 TH/s, 18 899 € pour un Antminer S23e Hyd 2U de 865 TH/s, 26 899 € pour un Antminer S23 Hyd 3U de 1160 TH/s. Ces montants sont des ordres de grandeur donnés en exemple, pas un comparatif d’achat : deux machines au même prix ne coûtent pas la même chose à l’usage.

Le prix affiché ment par omission

Un prix affiché seul ne dit ni la puissance de calcul que vous achetez, ni ce que cette puissance vous coûtera chaque année en électricité. C’est une étiquette, pas une donnée comparable. L’Avalon Nano 3S à 309 € paraît accessible : il produit 6 TH/s. Le S23e Hyd 2U à 18 899 € paraît hors de portée : il produit 865 TH/s. Les mettre en concurrence sur le seul prix affiché, ça n’a aucun sens.

Le prix au téra (€/TH), l’unité qui compare vraiment

Le prix au téra rapporte le prix d’achat à la puissance de calcul livrée. Un mineur ASIC vendu 2 349 € pour 358 TH/s revient à 6,56 €/TH. C’est la première unité qui permet de poser deux machines côte à côte sans se tromper de question.

MachineHashratePrix affichéPrix au téraEfficience énergétique
Whatsminer M50S126 TH/s899 €7,13 €/TH26 J/TH
Antminer S21+ Hyd358 TH/s2 349 €6,56 €/TH15 J/TH

Ces deux fiches, ouvertes côte à côte, disent l’essentiel de cet article : à un euro par téra près, on achète la même chose. Sauf que non.

J/TH, la facture cachée derrière le prix d’achat

L’efficience énergétique se mesure en joules par térahash (J/TH). C’est la consommation aux 100 km d’un mineur ASIC : deux machines qui produisent la même puissance de calcul peuvent présenter des factures d’électricité du simple au triple. Entre le M50S à 26 J/TH et le S23 Hyd 3U à 9,5 J/TH, le rapport est proche de un à trois.

Et sur ces deux fiches, le prix au téra ne compense rien, au contraire : 7,13 €/TH pour la première, 23,19 €/TH pour la seconde. Le prix au téra est multiplié par plus de trois, et ce qu’il achète tient dans un seul chiffre, 2,7 fois moins de joules par térahash produit. Si vous voulez le détail des lignes d’une fiche technique, on l’a traité ailleurs : comment lire les specs d’un ASIC.

Le prix au téra décide de ce que vous payez une fois ; l’efficience énergétique décide de ce que vous payez tous les mois, pendant toute la durée de vie économique de la machine.

Pourquoi le prix au téra monte alors que l’électronique est censée baisser

Le prix au téra monte parce que le supplément payé n’achète pas de la puissance de calcul, il achète de l’efficience énergétique. Sur les machines du catalogue LMF, le mouvement se mesure. Notre équipe a rangé les 122 mineurs ASIC SHA-256 du catalogue dont le prix et la puissance de calcul sont renseignés, par année de sortie, en unités homogènes (TH/s), puis calculé la médiane de chaque cohorte.

Sur les six cohortes datées, 37 machines au total, la pente est nette : 3,8 €/TH en 2021, 4,2 en 2022, 8,9 en 2023, 14,3 en 2024, 13,3 en 2025, 16,9 en 2026. Elle n’est pas régulière pour autant, la cohorte 2025 repasse sous celle de 2024. Sur cinq ans, le prix au téra médian est tout de même multiplié par plus de quatre, pendant que l’efficience énergétique médiane passe de 29,5 à 9,7 J/TH. Ces médianes décrivent le catalogue LMF, pas le marché mondial.

Cohorte (catalogue LMF, 122 mineurs SHA-256 au 15/09/2026, prix et hashrate renseignés)Machines dans la cohortePrix au téra médianEfficience médiane
Sortie 202133,8 €/TH29,5 J/TH
Sortie 202224,2 €/TH21,1 J/TH
Sortie 202348,9 €/TH18,9 J/TH
Sortie 20241614,3 €/TH13,5 J/TH
Sortie 20251013,3 €/TH12,5 J/TH
Sortie 2026216,9 €/TH9,7 J/TH
Année non renseignée (88 % MicroBT, hors tendance)858,67 €/TH17,0 J/TH

La méthode, en clair

Cent vingt-deux machines SHA-256, un seul algorithme, une seule unité de puissance de calcul. Les prix sont ceux du catalogue LMF au relevé du 15 septembre 2026, les efficiences celles des fiches constructeur reprises dans ce même catalogue. Aucune moyenne pondérée, aucune extrapolation : une médiane par cohorte, ce qui limite l’effet d’une machine atypique.

Ce qu’on achète en plus : l’efficience

Le supplément payé au téra ne finance pas de la puissance de calcul supplémentaire. Il finance de l’efficience énergétique, c’est-à-dire des joules économisés à chaque térahash produit, pendant des années. Ce que le prix au téra supplémentaire achète, ce n’est pas de la puissance, c’est de la durée de vie économique. Une machine à 9,7 J/TH reste dans la course bien après qu’une machine à 29,5 J/TH soit sortie du marché sur un tarif d’électricité européen.

Sortir du marché, ça se définit sans aucun pari sur les revenus : une machine cesse d’être exploitable quand ce qu’elle rapporte par térahash ne couvre plus ce qu’elle coûte en électricité par térahash. Ce seuil de sortie est environ 2,7 fois plus haut pour une machine à 26 J/TH que pour une machine à 9,5 J/TH, au même tarif. Ce n’est pas une estimation, c’est le rapport exact de leurs coûts électriques annuels calculés plus bas, 45,57 € contre 16,65 € par TH/s. Autrement dit, dès que le revenu par téra se tasse, c’est la machine la moins efficiente qui repasse la première sous sa propre facture.

Un contrepoint, qu’il serait malhonnête de masquer. À l’échelle mondiale et en dollars, des observateurs rapportent que le coût au téra des machines les plus efficientes a baissé : autour de 10 $/TH aujourd’hui contre environ 20 $/TH en 2020. Ce chiffre ne porte ni sur la même devise, ni sur le même périmètre, ni sur la même sélection de machines que notre catalogue. Il rappelle surtout une chose : un prix au téra ne veut rien dire sans le périmètre sur lequel il est mesuré. Le nôtre est celui d’un revendeur français, à une date donnée.

Les limites de cette mesure

Trois, et il vaut mieux les connaître avant de citer le tableau.

D’abord, les cohortes 2023 et 2026 du catalogue LMF comptent quatre et deux machines. Ce n’est pas une moyenne du marché des ASIC Bitcoin, et aucun chiffre de ce tableau ne doit être cité comme une statistique de marché.

Ensuite, la dernière ligne du tableau est à part. Ces 85 machines n’ont pas d’année de sortie renseignée au catalogue, et 88 % d’entre elles sont du même fabricant, MicroBT. Leur 8,67 €/TH ne dit donc pas « les anciennes générations étaient moins chères » : il mélange un effet de gamme et un effet de fabricant. C’est pour ça que la tendance se lit sur les six cohortes datées, et pas sur cette ligne.

Enfin, c’est une photo prise à une seule date, le 15 septembre 2026, et rangée par année de sortie. Les 8,9 €/TH d’une machine de 2023 sont son prix d’aujourd’hui, pas son prix de lancement : l’écart entre cohortes mêle le renchérissement des machines neuves et la décote de celles qui vieillissent au catalogue. Ce second effet a un nom, on le retrouve plus bas sous le terme de déstockage. La tendance qui compte ici est celle de l’ensemble des fiches datées : le prix au téra monte, l’efficience énergétique s’améliore, et les deux mouvements sont liés. L’évolution du prix des ASIC Bitcoin se lit sur cet ensemble, pas sur deux références isolées.

Les quatre forces qui font bouger les prix

Le prix d’un mineur ASIC est un prix de marché dérivé du revenu que la machine peut produire, pas un prix industriel calculé sur un coût de fabrication. Quatre forces le déplacent : le halving, le cours du Bitcoin, la difficulté de minage et le cycle produit fabricant. Repères marché LMF au 10 octobre 2026 : cours du Bitcoin à 73 856,05 €, hashrate réseau à 945 EH/s, difficulté de minage à 132 716 002 350 731, récompense de bloc à 3,125 BTC.

Force 1 : le halving

Le dernier halving date du 19 avril 2024 : la récompense de bloc est passée de 6,25 à 3,125 BTC. Selon la presse spécialisée, une part importante des acheteurs avait reporté ses commandes avant l’événement, et après celui-ci, seules les machines les plus efficientes restaient rentables dans une bande de coût électrique de 0,07 à 0,15 $/kWh. Les mêmes sources rapportent un recul temporaire du hashrate réseau de 3 à 7 % avant ajustement de la difficulté. C’est un constat passé, sur un événement daté. Le prochain halving est estimé en 2028, et rien de ce qui précède ne dit ce qu’il produira.

Force 2 : le cours du Bitcoin

Le prix d’un ASIC suit la demande de machines, et la demande de machines suit le revenu attendu du minage. Quand le cours du Bitcoin monte, les commandes affluent, les délais s’allongent et les prix tiennent. Quand il baisse, les prix se détendent. L’indicateur que les opérateurs regardent s’appelle le hashprice : le revenu d’une unité de puissance de calcul à un instant donné. Des observateurs du marché rapportent un point bas autour de 24 $/PH/s/jour au premier trimestre 2026, un pic à environ 36 $ fin avril 2026, puis autour de 29 $ en juillet 2026. Ces valeurs sont externes, datées, et ne disent rien du revenu futur d’une machine.

Force 3 : la difficulté de minage

À 945 EH/s de hashrate réseau et 132 716 002 350 731 de difficulté, la part de récompense d’une machine donnée diminue dès que le réseau grossit. Ça pousse mécaniquement la demande vers les machines les plus efficientes, celles qui encaissent la hausse de difficulté sans passer sous leur coût électrique. Et cette demande-là se paie au téra.

Force 4 : le cycle produit fabricant

Une gamme d’ASIC fonctionne comme une gamme de smartphones : la génération suivante ne remplace pas la précédente au même prix, elle vise un autre segment. Bitmain, MicroBT, Bitdeer et Canaan lancent, tiennent leurs prix quelques mois, puis déstockent l’ancienne gamme quand la nouvelle arrive. La presse spécialisée évoque pour 2026 une série S23 chez Bitmain, des M70S+ et M6DS chez MicroBT, des A1566HA et A16XP chez Canaan. Annonces non officielles, citées au conditionnel, sans prix. Pour arbitrer entre modèles disponibles au catalogue plutôt que d’attendre une gamme annoncée, on a un guide dédié : quel ASIC Bitcoin choisir.

Lire un prix : la grille à trois chiffres

Trois chiffres suffisent à juger un prix : le prix au téra (€/TH), l’efficience énergétique (J/TH) et le coût électrique annuel. Les deux premiers figurent sur la fiche produit, le troisième se calcule en une ligne à partir du tarif d’électricité que vous payez réellement. Le repère français est le tarif réglementé de vente (TRV) d’EDF encadré par la CRE, soit 0,2001 €/kWh en Base 6 kVA au prix repère du 1er août 2026.

La formule, et rien d’autre

Coût électrique annuel = puissance (kW) × 8760 h × tarif (€/kWh)

L’efficience énergétique donne directement la puissance par unité de calcul : 26 J/TH, c’est 26 W pour produire 1 TH/s en continu, soit 0,026 kW.

Pour une machine à 26 J/TH, par térahash et par an, au TRV Base : 0,026 kW × 8760 h = 227,76 kWh, puis 227,76 × 0,2001 = 45,57 € par TH/s et par an.

Pour une machine à 9,5 J/TH, même calcul : 0,0095 kW × 8760 h = 83,22 kWh, puis 83,22 × 0,2001 = 16,65 € par TH/s et par an.

⚡ Tarifs électricité indicatifs : les tarifs utilisés dans ce calcul correspondent au TRV résidentiel CRE en vigueur au 1er août 2026. Ces tarifs sont susceptibles d’évoluer à chaque trimestre selon la délibération de la Commission de Régulation de l’Énergie. Le tarif Tempo HC/HP optimisé suppose un mix de consommation respectant les plages tarifaires.

Le même calcul sur les quatre tarifs français

Tarif (repère CRE 2026-08-01)€/kWhCoût annuel par TH/s à 26 J/THCoût annuel par TH/s à 9,5 J/TH
TRV Base 6 kVA0,200145,57 €16,65 €
Heures pleines0,214248,79 €17,83 €
Heures creuses0,158936,19 €13,22 €
Tempo Bleu heures creuses0,135630,88 €11,28 €

Du tarif le plus cher au moins cher de cette grille, la facture baisse d’environ un tiers (de 48,79 à 30,88 € par TH/s et par an). L’efficience, elle, la divise par près de trois. Et un tarif se renégocie, une efficience jamais. C’est pour ça que le coût électrique annuel se calcule avant l’achat, pas après.

Pourquoi deux machines de la même année n’ont pas le même prix au téra

L’année de sortie ne détermine pas le prix au téra : le mode de refroidissement, le format et la phase du cycle commercial pèsent plus lourd qu’elle. Sur les 16 machines 2024 du catalogue LMF, les cinq fiches ci-dessous vont de 6,56 €/TH (Antminer S21+ Hyd) à 51,5 €/TH (Avalon Nano 3S), soit près de huit fois d’écart au sein d’une même génération. Et l’efficience énergétique n’explique pas cet écart : les quatre modèles rack du tableau ci-dessous tiennent dans une bande étroite, de 12,5 à 15,0 J/TH, alors que leur prix au téra va déjà de 6,56 à 33,2 €/TH.

Machine 2024FabricantRefroidissementHashratePrixPrix au téraEfficience
Antminer S21+ HydBitmainhydraulique358 TH/s2 349 €6,56 €/TH15,0 J/TH
Antminer S21 XPBitmainair270 TH/s3 349 €12,4 €/TH13,5 J/TH
SealMiner A3 AirBitdeerair260 TH/s6 582 €25,3 €/TH14,0 J/TH
SealMiner A3 Pro AirBitdeerair290 TH/s9 622 €33,2 €/TH12,5 J/TH
Avalon Nano 3S (domestique)Canaanair6 TH/s309 €51,5 €/TH23,33 J/TH

Air contre hydro, le facteur qui pèse le plus lourd

Le refroidissement hydraulique et le refroidissement à air ne s’adressent pas au même acheteur. Une machine en refroidissement hydraulique suppose une boucle d’eau, donc une installation, donc un site équipé : son marché est plus étroit, et son prix au téra s’en ressent. L’Antminer S21+ Hyd à 6,56 €/TH est le moins cher au téra des quatre modèles rack, alors qu’il est le moins efficient d’entre eux (15,0 J/TH). À l’inverse, les deux SealMiner à air se paient 25,3 et 33,2 €/TH pour une efficience meilleure.

Format et phase de déstockage

Un prix au téra bas ne signale pas une bonne affaire, il signale une machine en fin de cycle commercial ou un format qui exige une infrastructure. Le format tire l’autre bout de la fourchette. L’Avalon Nano 3S, 6 TH/s pour 309 €, ressort à 51,5 €/TH et 23,33 J/TH. Personne ne l’achète pour son prix au téra, on l’achète pour ce qu’il est, une machine domestique qu’on pose chez soi. Lire un écart de prix sans regarder le refroidissement, le format et la phase de déstockage, c’est comparer des choses qui ne se comparent pas.

Neuf, déstockage, occasion : trois marchés qui ne suivent pas le même cycle

Un même modèle de mineur ASIC n’a pas un prix, il en a trois, et ils ne bougent pas en même temps. Le neuf suit le cycle produit fabricant, le déstockage suit l’arrivée de la génération suivante, le marché de l’occasion suit le cours du Bitcoin. C’est pour ça que l’évolution du prix des ASIC Bitcoin paraît incohérente quand on regarde une seule annonce.

Le neuf au catalogue

Le prix du neuf est celui d’une machine disponible au catalogue, avec sa garantie constructeur et sa fiche technique vérifiable. C’est le seul des trois marchés où le prix au téra et l’efficience énergétique sont connus avant l’achat, ce qui en fait la référence de comparaison des deux autres.

Le déstockage

Quand une nouvelle gamme arrive, la précédente se vend moins cher, parfois nettement. Le Whatsminer M50S en est un exemple net : 899 € pour 126 TH/s, soit 7,13 €/TH, sur une machine à 26 J/TH que personne ne commercialiserait à ce tarif si elle sortait aujourd’hui. D’autres fiches de fin de cycle descendent plus bas encore, la M50S+ (144 Th) et la WhatsMiner M63 (334 Th) sont à 5,90 €/TH. Ce prix n’est pas un prix de lancement, c’est un prix de fin de cycle.

Une machine en déstockage n’est pas dégradée, elle est simplement plus près de la fin de sa durée de vie économique qu’elle ne l’était six mois plus tôt. Le calcul du coût électrique annuel devient alors le seul juge : une machine peu chère à 15,0 J/TH peut coûter plus cher à l’usage qu’une machine chère à 9,5 J/TH.

L’occasion, cyclique et doublement dépréciée

Sur le marché de l’occasion, des observateurs du secteur décrivent une mécanique constante : les prix montent quand le cours du Bitcoin monte, et le secondaire est inondé quand il baisse. S’y ajoute une double dépréciation, l’usure physique de la machine et l’obsolescence économique liée à l’arrivée de générations plus efficientes. LMF ne commercialise pas de machines d’occasion certifiées : on décrit ici une mécanique de marché, pas une offre. Toute machine de seconde main destinée à l’hébergement passe d’abord par un audit chez le datacenter partenaire de LMF en République tchèque.

Ce que l’hébergement change à l’équation

L’hébergement en datacenter ne change pas le prix d’achat, il change le tarif d’électricité, donc le coût électrique annuel, donc la durée de vie économique de la machine. Sur les 16 datacenters partenaires internationaux répartis dans 11 pays, le tarif va de 0,05167 à 0,20775 €/kWh selon le site. À comparer aux 0,2001 €/kWh du TRV Base 6 kVA en France (prix repère CRE du 1er août 2026).

La fourchette réelle des datacenters partenaires

Écrire « le datacenter, c’est 0,05 € » serait faux pour une partie du réseau. 0,05167 €/kWh est le tarif du site le moins cher, pas celui du réseau. À l’autre bout, un site tchèque est à 0,20775 €/kWh, soit au-dessus du TRV français. Aucun de ces sites n’est situé en France : LMF est domiciliée à Paris 8e (domiciliation administrative) et travaille avec des partenaires à l’étranger. Le tarif d’électricité ne constitue pas non plus la totalité d’une facture d’hébergement, les conditions variant d’un site à l’autre.

Tarif électricité appliqué (aucun site en France)€/kWhCoût annuel par TH/s à 26 J/THCoût annuel par TH/s à 9,5 J/TH
Datacenter partenaire international le moins cher0,0516711,77 €4,30 €
TRV Base 6 kVA (France, repère CRE 2026-08-01)0,200145,57 €16,65 €
Datacenter partenaire international le plus cher (Tchéquie)0,2077547,32 €17,29 €

Pourquoi 26 J/TH et 9,5 J/TH ne vivent pas dans le même monde

Une machine à 26 J/TH hébergée sur le site partenaire le moins cher coûte encore 11,77 € par TH/s et par an, contre 16,65 € pour une machine à 9,5 J/TH au TRV français. Le tarif rattrape donc une partie de l’écart d’efficience, jamais sa totalité. Et sur le haut de la fourchette, l’écart d’efficience redevient le seul facteur qui compte. Le détail des formules et des engagements est traité dans notre guide de l’hébergement en datacenter.

⚠️ Information sur le rendement : les performances présentées sont calculées au cours BTC actuel et au tarif électrique indiqué. Le minage de cryptomonnaies est soumis aux fluctuations du prix du Bitcoin et à l’évolution de la difficulté du réseau. Les performances passées ou simulées ne préjugent pas des performances futures.

Les trois erreurs les plus fréquentes quand on juge un prix

Trois erreurs reviennent systématiquement quand on arbitre un achat de mineur ASIC sur le prix : acheter sur le seul prix affiché, ignorer le J/TH au profit du hashrate brut, et attendre qu’une hausse du cours rende rentable une machine inefficiente. Les trois se corrigent avec les mêmes chiffres, ceux de la grille à trois valeurs vue plus haut.

Acheter sur le seul prix affiché

C’est le piège que tend une fiche comme celle du Whatsminer M50S à 899 €. Le prix est bas, le prix au téra aussi (7,13 €/TH), et pourtant la machine consomme 26 J/TH. Au TRV Base, sa facture annuelle atteint 45,57 € par TH/s, contre 16,65 € pour une machine à 9,5 J/TH. La machine n’est pas mauvaise, c’est le raisonnement qui l’est : sur un site à 0,05167 €/kWh, la même M50S revient à 11,77 € par TH/s et redevient parfaitement défendable. Le prix d’achat se paie une fois, le tarif d’électricité se paie 8 760 heures par an.

Ignorer le J/TH au profit du hashrate brut

Un hashrate élevé impressionne, il ne dit rien de ce qu’il coûte à produire. Deux machines de 2024 séparées par 2,5 J/TH seulement affichent des prix au téra allant de 6,56 à 33,2 €/TH : le hashrate ne suffit ni à expliquer un prix, ni à juger une machine. Regardez le triplet complet, prix au téra, efficience énergétique, coût électrique annuel.

Attendre que le cours rende rentable une machine inefficiente

Une hausse du cours du Bitcoin améliore les revenus de toutes les machines, y compris des vôtres. Mais elle attire aussi de la puissance de calcul supplémentaire sur le réseau, ce qui fait monter la difficulté de minage, laquelle réduit la part de chacun. La machine inefficiente est la première à repasser sous son coût électrique quand le mouvement s’inverse. On ne donnera pas de fenêtre d’achat ici, et personne ne devrait en donner une : l’article décrit une mécanique, il ne dit pas quand acheter.

⚖️ Information non constitutive de conseil : La Mine Française commercialise du matériel de minage et propose un service d’hébergement en datacenter. Cet article est à vocation informative et ne constitue pas un conseil en investissement au sens de l’article L321-1 du Code monétaire et financier. Avant toute décision, consultez un conseiller en investissement enregistré auprès de l’AMF.

Questions fréquentes

Quel est le prix d’une machine de minage Bitcoin ?

Il n’existe pas un prix unique : le catalogue va de la petite machine domestique de quelques térahash au modèle rack de plusieurs centaines de térahash, et l’échelle de prix n’a rien à voir entre les deux. Le prix à jour de chaque modèle est affiché sur sa fiche produit. Le prix seul ne suffit d’ailleurs pas : il faut le rapporter à la puissance de calcul, le prix au téra, pour comparer deux machines correctement. Les montants relevés à une date précise figurent dans le corps de cet article.

Pourquoi le prix des ASIC ne baisse-t-il plus alors que l’électronique est censée devenir moins chère ?

Le prix des ASIC ne baisse plus parce que le supplément payé finance de l’efficience énergétique, pas de la puissance de calcul brute. D’une génération à l’autre, le prix au téra progresse pendant que l’efficience, elle, s’améliore : moins de joules dépensés par térahash produit. Autrement dit, vous ne payez plus des térahash en plus, vous payez des watts en moins, et ce sont ces watts qui décideront de votre facture une fois la machine branchée. Le relevé chiffré de ce mouvement, mesuré sur les mineurs SHA-256 du catalogue LMF dont l’année de sortie est connue, est détaillé dans le corps de l’article.

Quelles sont les forces qui font varier le prix d’un ASIC Bitcoin ?

Quatre forces déplacent le prix d’un ASIC. Le halving d’abord, qui divise la récompense de bloc par deux tous les 210 000 blocs environ : le dernier, le 19 avril 2024, l’a fait passer à 3,125 BTC. Le cours du Bitcoin ensuite, qui décide de ce que rapporte un térahash. La difficulté de minage, qui absorbe une partie du gain dès que des machines se branchent. Et le cycle produit des fabricants, qui déstockent une gamme dès l’arrivée de la suivante. C’est un prix de marché, pas un prix industriel.

Comment lire le prix d’un ASIC avant d’acheter : quels chiffres regarder ?

Trois chiffres suffisent, dans cet ordre. Le prix au téra, c’est-à-dire le prix rapporté au hashrate, qui seul rend deux machines comparables. L’efficience énergétique en J/TH, qui dit ce que cette puissance coûte à produire : c’est le seul des trois qui ne bougera jamais, gravé dans la machine. Et le coût électrique annuel, calculé en multipliant la puissance en kW par 8 760 heures puis par le tarif que vous payez. Les deux premiers se lisent sur la fiche produit ; le troisième se calcule en une ligne, ou dans le calculateur de rentabilité.

Pourquoi deux ASIC de la même année n’ont-ils pas le même prix au téra ?

Parce que l’année de sortie n’est pas ce qui fixe le prix au téra. Sur une même génération, l’écart entre le modèle le plus abordable et le plus cher au téra se mesure en multiples, pas en pourcentages, alors que l’efficience des modèles rack tient dans une bande étroite. Deux facteurs l’expliquent. Le format : une petite machine domestique répartit son boîtier et son alimentation sur très peu de térahash, donc son prix au téra grimpe. Le refroidissement : l’hydraulique vise un marché plus étroit que l’air, donc des séries plus courtes. Le relevé chiffré de cet écart figure dans le corps de l’article.

Le halving a-t-il un impact direct sur le prix des ASIC ?

Oui, mais indirectement. Le dernier halving, le 19 avril 2024, a fait passer la récompense de bloc de 6,25 à 3,125 BTC : du jour au lendemain, le même térahash rapportait deux fois moins de bitcoins. Selon la presse spécialisée, seules les machines les plus efficientes sont restées rentables ensuite, en dessous d’un certain coût électrique. Le hashrate réseau a reculé pendant quelques semaines, le temps que la difficulté s’ajuste à la baisse et rende leur marge aux machines restées branchées. Le halving suivant interviendra environ quatre ans plus tard, sans qu’on puisse en prédire l’effet sur les prix.

L’hébergement en datacenter change-t-il le calcul du prix d’un ASIC ?

L’hébergement ne change pas le prix d’achat, il change le tarif d’électricité, donc le coût annuel d’exploitation, qui pèse lourd sur la durée de vie d’une machine. Nos sites partenaires négocient leur électricité à des conditions industrielles, en général plus basses qu’un tarif domestique français, ce qui déplace le seuil à partir duquel une machine tient debout. Aucun de ces sites n’est situé en France : LMF est domiciliée à Paris 8e et travaille avec un réseau international de datacenters partenaires. Pour chiffrer l’écart avec votre propre tarif, passez par le calculateur de rentabilité.

Ce que ces prix disent vraiment

Le prix affiché d’un mineur ASIC se règle une fois. Son efficience énergétique se paie 8 760 heures par an, aussi longtemps que la machine tourne. C’est elle, et pas l’étiquette, qui fixe le moment où une machine cesse d’être exploitable au tarif que vous payez. Le supplément constaté au téra sur les générations récentes du catalogue LMF n’est donc pas une dérive de marché : il correspond à une consommation plus basse, chaque heure, pendant des années.

Trois chiffres suffisent à trancher, et deux d’entre eux figurent déjà sur la fiche produit :

  • le prix au téra (€/TH) : ce qui rend deux machines comparables ;
  • l’efficience énergétique (J/TH) : ce que cette puissance de calcul coûte à produire ;
  • le coût électrique annuel : la puissance en kW multipliée par 8 760 heures, puis par le tarif que vous payez vraiment.

Sortez les trois, dans cet ordre, avant de regarder autre chose. À l’échelle d’un parc, l’écart se multiplie par le nombre de machines et par le nombre d’années, ce qui explique que les opérateurs raisonnent en J/TH bien avant de regarder l’étiquette.

Pour appliquer la grille sur des machines réelles, hashrate et efficience affichés fiche par fiche, ouvrez notre catalogue ASIC. Vous n’y trouverez pas plus de fenêtre d’achat qu’ici : personne ne sait où ira le cours du Bitcoin, et une grille de lecture tient mieux dans le temps qu’un pronostic.

À propos de La Mine Française

La Mine Française (LMF) est un revendeur français de matériel ASIC Bitcoin et un spécialiste de l’hébergement minier, domicilié au 60 rue François 1er, 75008 Paris (domiciliation administrative). LMF s’appuie sur 16 datacenters partenaires internationaux répartis dans 11 pays, aucun en France. Contact : contact@laminefrancaise.fr, site : https://laminefrancaise.fr


Notes légales

⚠️ Information sur le rendement : les performances présentées sont calculées au cours BTC actuel et au tarif électrique indiqué. Le minage de cryptomonnaies est soumis aux fluctuations du prix du Bitcoin et à l’évolution de la difficulté du réseau. Les performances passées ou simulées ne préjugent pas des performances futures.

📉 Volatilité du marché crypto : le prix du Bitcoin et la difficulté du réseau évoluent en continu. Une variation de 10 % du prix BTC modifie significativement les revenus de minage. Une variation à la hausse de la difficulté réseau réduit les revenus à hashrate constant. Les hypothèses utilisées dans cet article sont datées et susceptibles d’évolution rapide.

📊 Performances passées : les chiffres présentés correspondent à des périodes spécifiques et à des conditions individuelles (équipement, tarif électrique, cours BTC à la date d’installation). Ils ne constituent ni une garantie ni une projection de performances futures. Chaque situation est unique.

🇪🇺 Conformité MiCA : depuis le 30 décembre 2024, les services sur crypto-actifs en France et dans l’Union européenne sont encadrés par le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets). Les prestataires de services sur actifs numériques (PSAN/CASP) doivent être agréés par l’AMF en France. La Mine Française n’est pas un prestataire de services sur crypto-actifs au sens du règlement MiCA : son activité est la vente de matériel informatique de minage et l’hébergement en datacenter, ce qui ne relève pas de l’agrément PSAN/CASP. Pour la vente, l’achat ou la conservation de crypto-actifs, faire appel à un prestataire enregistré PSAN/CASP. Vérifiez le statut de tout intermédiaire avant utilisation : registre PSAN/CASP sur amf-france.org.

⚠️ Avertissement AMF, risque crypto-actifs : les crypto-actifs ne sont pas réglementés comme produits d’investissement traditionnels. Leur cours peut connaître des variations importantes à la hausse comme à la baisse. Vous pouvez perdre tout ou partie du capital investi. Ce contenu ne constitue pas un conseil en investissement au sens de l’article L321-1 du Code monétaire et financier. Avant tout achat de matériel de minage à des fins lucratives, évaluez votre situation personnelle et consultez si nécessaire un conseiller en investissement financier (CIF) agréé AMF.