Fiscalité du minage crypto en France : deux événements fiscaux, deux cases, deux calculs

Vous n’avez rien vendu de l’année, donc vous ne devez rien au fisc. C’est faux, et ça coûte cher. En matière de fiscalité du minage crypto en France, l’impôt se déclenche le jour où votre pool vous verse des bitcoins, pas le jour où vous les convertissez en euros. Le minage produit un revenu d’activité, pas une plus-value.

Ça change la façon de tenir ses comptes. Chaque versement se valorise en euros au cours du jour, et ce cours bouge. Philippe, l’un de nos clients depuis 2025, fait tourner 3 mineurs ASIC hébergés hors de France : trois flux de production quotidiens à documenter, et une seule ligne propre à déclarer au printemps s’il a gardé ses relevés.

Ce guide répond à trois questions, dans l’ordre où elles se posent. Dans quelle case fiscale vous vous situez. Quels imprimés vous remplissez, et pour quoi. Ce que vous pouvez déduire au régime réel. On explique un cadre, on cite les textes, et votre cas personnel revient à votre conseiller fiscal : La Mine Française vend du matériel de minage et héberge des machines, elle ne tient pas votre comptabilité.

La fiscalité du minage crypto en France, en bref

Le minage de cryptomonnaies est imposable en France dès la réception des bitcoins, au titre d’un revenu d’activité et non d’une plus-value. La DGFiP écrit, dans sa doctrine fiscale, que lorsque les actifs numériques sont la contrepartie de la participation à la création ou au fonctionnement du système, « notamment, activité dite de « minage » », les produits « sont susceptibles de relever des dispositions de l’article 92 du CGI », celui des bénéfices non commerciaux (BOI-BNC-CHAMP-10-10-20-40, § 1080, version du 28 juin 2023). Le conditionnel de la doctrine n’est pas une échappatoire : il dit que la qualification dépend de vos conditions d’exercice, ce que la suite de cette page détaille. Vous êtes donc concerné même si vous n’avez encore revendu aucun satoshi.

🏛️ Fiscalité crypto en France : le régime fiscal du minage de cryptomonnaies évolue régulièrement. Les chiffres présentés ici sont indicatifs et basés sur la législation en vigueur à la date de l’article. Avant toute décision, consultez votre conseiller fiscal ou rendez-vous sur impots.gouv.fr pour les règles applicables à votre situation personnelle.

Le BNC, c’est la case où se déclare un revenu d’activité non salarié, comme un indépendant déclare ses honoraires. Rien à voir avec la plus-value que vous connaissez peut-être si vous achetez et revendez du bitcoin sur une plateforme.

Un mineur français a deux événements fiscaux à déclarer, pas un : la réception des bitcoins minés, puis leur revente. Deux cases, deux calculs, deux imprimés. Les guides de fiscalité crypto que nous croisons s’adressent d’abord aux acheteurs-revendeurs, et le minage y arrive en fin de page, quand il y arrive.

Deux événements fiscaux, deux cases, deux calculs

La réception d’un bitcoin miné et sa revente ultérieure sont deux faits générateurs distincts, c’est-à-dire deux moments où l’impôt se déclenche, et ils ne relèvent pas du même régime. Le premier tombe dans les bénéfices non commerciaux, article 92 du Code général des impôts, qui range dans cette catégorie « toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus ». Le second relève des cessions d’actifs numériques prévues à l’article 150 VH bis du même code, avec son prélèvement forfaitaire unique. Confondre les deux, c’est déclarer la moitié de sa situation.

Événement fiscalFait générateur et régimeFormulaire
Réception des bitcoins minésVersement du pool, valorisé au cours du jour : bénéfices non commerciaux (article 92 du CGI)2042-C-PRO
Revente des bitcoinsCession contre euros ou contre un autre actif : article 150 VH bis du CGI, prélèvement forfaitaire unique2086

Étape 1 : la réception des bitcoins minés

Ce que votre pool vous verse se valorise en euros au cours du jour de la perception. Le cours bouge en permanence : 69 039,98 € au 2026-09-07. Deux versements espacés de trois mois n’ont donc pas la même base imposable, même s’ils portent sur le même nombre de satoshis.

Gardez vos relevés de pool. C’est la seule pièce qui documente la date et le montant de chaque perception, et c’est elle qu’on vous demandera. Ce revenu est imposable l’année où vous le percevez, que vous ayez revendu ou pas. C’est le point qui surprend les mineurs qui accumulent sans jamais vendre.

Étape 2 : la revente, une cession d’actifs numériques

Quand vous revendez, vous sortez du revenu d’activité pour entrer dans la plus-value de cession. Le prix d’acquisition retenu est la valeur déjà imposée à l’étape 1, pas zéro. Vous n’êtes donc pas imposé deux fois sur la même somme : une fois sur le revenu à la réception, une fois sur ce que ce bitcoin a pris de valeur depuis.

Le prélèvement forfaitaire unique (PFU), la flat tax dont tout le monde parle, applique un taux unique au gain de revente, quelle que soit votre tranche habituelle. Une option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu existe et se coche sur la déclaration. Le taux en vigueur, le seuil d’exonération des cessions et les conditions exactes se lisent sur impots.gouv.fr, pas sur un blog : ils bougent d’une loi de finances à l’autre, et c’est pour ça que vous ne trouverez aucun taux écrit sur cette page.

L’erreur qui laisse une déclaration à moitié faite

Déclarer sa revente sur le formulaire 2086 en oubliant la réception, ou l’inverse, laisse la déclaration incomplète dans les deux sens. Les deux déclarations vivent sur deux imprimés différents et se remplissent la même année. Le tableau plus bas dit lequel sert à quoi.

Particulier, mineur régulier ou professionnel : dans quelle case êtes-vous ?

Trois profils fiscaux existent pour un mineur en France : l’occasionnel, le régulier à titre privé, et le professionnel. Les deux premiers restent dans les bénéfices non commerciaux. Le troisième, celui qui mine avec les moyens d’une entreprise, bascule vers les bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Ce n’est pas un seuil unique qui tranche, c’est un faisceau d’indices.

ProfilIndicesRégime usuel
OccasionnelMinage ponctuel, une machineBénéfices non commerciaux (BNC)
Régulier à titre privéMinage continu, plusieurs ASIC hébergésBénéfices non commerciaux (BNC)
ProfessionnelMoyens d’entreprise : structure dédiée, comptabilité, matériel amortiBénéfices industriels et commerciaux (BIC)

Plus vous répondez « en continu », « plusieurs machines » et « moyens d’entreprise », plus votre activité penche vers le professionnel. Le régime BNC reste le régime par défaut du mineur particulier, y compris quand il mine toute l’année. Le BIC, lui, est celui du commerçant et de l’entreprise. Entre l’occasionnel et le régulier, le régime ne change pas : ce qui change, c’est l’exigence de traçabilité et l’arbitrage entre le micro et le réel, qui pèse d’autant plus lourd que les perceptions sont nombreuses.

Une précision de vocabulaire, parce qu’elle sème la confusion partout. L’article 92 vise aussi, depuis la loi de finances pour 2022, les produits d’achat, de vente et d’échange de « crypto-actifs » réalisés « dans des conditions analogues » à celles d’un professionnel : ceux-là sont des BNC, pas des BIC. Mais c’est du négoce, pas du minage. Les deux régimes ne se déduisent donc pas l’un de l’autre, et un guide qui parle de trading ne répond pas à votre question de mineur.

Quand bascule-t-on vers l’activité professionnelle ?

Il n’existe pas de bouton qui fait passer d’un régime à l’autre du jour au lendemain. L’administration regarde les conditions réelles d’exercice : volume, moyens techniques, organisation, place de ce revenu dans vos ressources. Un mineur qui exploite vingt machines en datacenter avec un contrat d’hébergement et une comptabilité dédiée n’est plus dans la même situation qu’un particulier avec un ASIC au sous-sol.

Le cas de l’autoentrepreneur qui mine revient souvent, et les sources se contredisent entre BNC et BIC selon la manière dont l’activité est déclarée. Ne réglez pas cette question avec un article de blog : le régime applicable dépend de la façon dont votre activité est réellement exercée.

Micro-entreprise ou société : le statut se choisit avec un professionnel

Le choix entre micro-entreprise, entreprise individuelle au réel et société, SASU ou SARL, change trois choses à la fois. Le régime d’imposition. Les cotisations sociales appelées par l’URSSAF. Votre capacité à amortir le matériel. Une société qui mine du bitcoin amortit ses machines sur plusieurs exercices, un micro-entrepreneur non, puisque son abattement forfaitaire remplace toutes ses charges, amortissement compris.

C’est exactement le genre d’arbitrage qui se prépare avec un expert-comptable ou un avocat fiscaliste. Nous ne le tranchons pas ici, et personne ne devrait le trancher à votre place sans connaître le reste de vos revenus.

Quel formulaire remplir, pour quoi, et quand

Quatre imprimés couvrent presque toutes les situations d’un mineur en France. Le principe tient en une phrase : le revenu d’activité tiré du minage se déclare sur la déclaration complémentaire des professions non salariées, les reventes de bitcoins sur l’annexe 2086, le total se reporte sur la 2042, et les comptes d’actifs numériques ouverts chez une plateforme établie hors de France se signalent sur le volet 3916-bis.

Ces quatre imprimés sont publiés par la DGFiP sur impots.gouv.fr, et la déclaration en ligne reporte automatiquement le résultat de l’annexe 2086 sur votre déclaration de revenus. Les millésimes cités ci-dessous sont ceux de la campagne 2026, celle qui porte sur les revenus 2025.

FormulaireÀ quoi il sertQuand le remplir
2042-C-PRO, Cerfa 11222*28Déclarer le revenu d’activité du minage, en BNC ou en BIC selon votre situationChaque année, pour les bitcoins reçus dans l’année
2086, Cerfa 16043*07Déclarer chaque cession d’actifs numériques, revente ou conversion en eurosL’année où vous cédez, une ligne par cession
2042Reporter le résultat des annexes sur la déclaration de revenusChaque année, avec le reste de vos revenus
3916-3916 bisSignaler les comptes d’actifs numériques ouverts hors de France, via son volet 3916-bisChaque année où le compte a existé

Le 3916-bis, celui qu’on oublie

Le piège est d’abord typographique : il n’existe pas d’imprimé « 3916-bis » séparé. Il y a un formulaire commun, le 3916-3916 bis, dont un volet est réservé aux comptes d’actifs numériques. C’est ce volet que tout le monde appelle le 3916-bis.

Un compte ouvert chez une plateforme d’échange établie hors de France se déclare, même s’il est vide, et même si vous n’avez rien vendu dans l’année. L’obligation porte sur l’existence du compte, pas sur son solde. L’article 1736, X du Code général des impôts fixe les amendes applicables en cas d’omission, et elles se comptent par portefeuille ou par crypto-actif unique et non fongible non déclaré.

Attention à une confusion répandue : on lit souvent qu’un seuil de 50 000 euros déclencherait l’obligation. Ce montant existe bien dans les textes, mais il aggrave l’amende, il ne dispense personne de déclarer. Un compte à zéro euro se déclare comme un autre.

Si vous minez vers un portefeuille personnel dont vous détenez les clés, sans passer par une plateforme, cette case ne vous concerne pas. Raison de plus pour maîtriser la conservation de vos clés : notre guide pour sécuriser ses cryptomonnaies et celui consacré à la sécurisation de la seed phrase couvrent le sujet.

Ce que vous pouvez déduire quand vous êtes au régime réel

Au régime réel, trois charges viennent en déduction du bénéfice imposable : l’électricité consommée par le mineur ASIC, l’amortissement de la machine, et les frais d’hébergement en datacenter quand elle n’est pas chez vous.

Le choix entre micro et réel se joue là : le réel permet de déduire vos charges réelles, le micro applique un abattement forfaitaire et rien d’autre. Quand l’électricité et l’amortissement pèsent lourd, l’écart entre les deux régimes n’a rien de théorique.

L’électricité

C’est la charge principale d’une activité de minage, et l’une des plus simples à documenter : factures du fournisseur, relevés de sous-compteur quand la machine est isolée sur son circuit, courbe de charge du compteur Linky mise à disposition par Enedis. Si le mineur ASIC partage le compteur du foyer, retenez une quote-part et gardez par écrit la méthode de calcul. Une charge déduite sans méthode explicable est une charge fragile en cas de contrôle.

L’amortissement du matériel

Amortir, c’est étaler le coût d’achat de la machine sur plusieurs années au lieu de le déduire d’un coup. Un mineur ASIC se déprécie vite : l’efficience énergétique de 13,5 J/TH d’un modèle sorti en 2024 devient un handicap face aux générations suivantes, et la valeur d’usage suit. La durée d’amortissement retenue et son traitement comptable se valident avec votre comptable, pas au jugé.

Les frais d’hébergement

Quand vos machines tournent en datacenter, la facture d’hébergement est une charge d’exploitation. Elle couvre l’électricité au tarif du site, l’espace occupé, la ventilation et la surveillance. Nos clients qui font héberger leurs machines dans nos datacenters partenaires à l’étranger reçoivent une facturation détaillée, et c’est cette pièce qui documente la charge au moment de la déclaration. Le détail des offres est sur notre page d’hébergement en datacenter.

Point d’attention pour ne pas compter deux fois : en hébergement, l’électricité est déjà dans la facture du site. Le tarif réglementé français ne sert alors à rien dans votre calcul, c’est la facture d’hébergement qui fait foi.

Un exemple de bout en bout, au conditionnel

La valeur imposée à la réception devient le prix d’acquisition retenu à la revente. C’est le fil qui relie vos deux déclarations, et le plus simple pour le voir, c’est de dérouler un cas complet. Hypothèse posée : un Antminer S21 XP de 270 TH/s installé au domicile, au tarif réglementé, avec un cours et une difficulté figés à ceux du 2026-09-07. Ils ne resteront pas figés, donc tout ce qui suit se lit au conditionnel.

Année N, la production. Au cours de 69 039,98 €, notre calculateur de rentabilité affiche 8,8 € de revenus bruts par jour pour cette machine. Sur douze mois à conditions constantes, le cumul des perceptions vaut donc ce montant journalier multiplié par 365. C’est cette somme, et non ce que vous avez vendu, qui forme votre revenu d’activité de l’année.

Année N, les charges. La machine consomme 3645 W en continu. Sur 24 heures, ça fait 3645 W × 24 ÷ 1000 kilowattheures par jour, à multiplier par le tarif réglementé de vente, 0,2001 €/kWh en base 6 kVA, puis par 365 pour l’année. Ajoutez l’annuité d’amortissement de la machine. Si elle était hébergée, l’électricité sortirait de ce calcul et vous porteriez à la place la facturation d’hébergement de l’année.

⚡ Tarifs électricité indicatifs : les tarifs utilisés dans ce calcul correspondent au TRV résidentiel CRE en vigueur au 1er août 2026. Ces tarifs sont susceptibles d’évoluer à chaque trimestre selon la délibération de la Commission de Régulation de l’Énergie. Le tarif Tempo HC/HP optimisé suppose un mix de consommation respectant les plages tarifaires.

Année N, le résultat. Vous obtenez trois nombres, et ce sont eux que votre déclaration attend : le cumul des perceptions de l’année, le coût d’électricité de l’année, et la différence entre les deux une fois l’annuité d’amortissement retranchée. C’est cette différence, et elle seule, qui forme votre résultat imposable au régime réel. Aucun de ces trois nombres n’est celui de votre relevé de banque, puisque vous n’avez peut-être rien vendu.

Année N+1, la déclaration. Ce résultat imposable se porte sur la déclaration complémentaire des professions non salariées. Au régime micro, vous ne retranchez rien de tout ça : l’abattement forfaitaire remplace vos charges réelles, quel que soit leur montant.

Année N+2, la revente. Vous cédez les bitcoins accumulés. Le cumul de l’année N, celui qui a déjà été imposé, devient votre prix d’acquisition. La plus-value se calcule sur l’écart entre le prix de cession et ce prix d’acquisition, et se déclare sur l’annexe 2086. Le taux applicable, lui, se lit à la source l’année de la cession.

Le même bitcoin croise donc l’impôt deux fois, jamais sur la même base. Un mineur qui n’a rien vendu de l’année a quand même une ligne à remplir.

⚠️ Information sur le rendement : les performances présentées sont calculées au cours BTC actuel et au tarif électrique indiqué. Le minage de cryptomonnaies est soumis aux fluctuations du prix du Bitcoin et à l’évolution de la difficulté du réseau. Les performances passées ou simulées ne préjugent pas des performances futures.

⚠️ Avertissement AMF : Risque crypto-actifs : les crypto-actifs ne sont pas réglementés comme produits d’investissement traditionnels. Leur cours peut connaître des variations importantes à la hausse comme à la baisse. Vous pouvez perdre tout ou partie du capital investi. Ce contenu ne constitue pas un conseil en investissement au sens de l’article L321-1 du Code monétaire et financier. Avant tout achat de matériel de minage à des fins lucratives, évaluez votre situation personnelle et consultez si nécessaire un conseiller en investissement financier (CIF) agréé AMF.

Les erreurs qui coûtent cher au moment de la déclaration

Quatre erreurs reviennent dans les questions qu’on nous pose avant l’achat. Les deux premières tiennent au même malentendu sur le fait générateur, les deux autres à un défaut de méthode. Les majorations et amendes applicables figurent au Code général des impôts, dont l’article 1736, X pour les comptes non déclarés. Aucune ne se négocie après coup.

  1. Ne déclarer que la revente. L’annexe 2086 traite les cessions, pas la production. Le revenu d’activité reste à déclarer à part.
  2. Confondre accumulation et absence d’imposition. Le fait générateur, c’est la perception, pas la vente.
  3. Oublier le volet 3916-bis. L’obligation vise l’existence du compte chez une plateforme établie hors de France, pas son solde.
  4. Prendre le micro sans comparer. Quand l’électricité et l’amortissement pèsent lourd, le régime réel change le résultat imposable. Du coup, l’arbitrage mérite un vrai calcul.

Le point commun de ces quatre erreurs, c’est l’absence de trace : sans relevés datés, vous ne pouvez ni justifier une base imposable, ni prouver un prix d’acquisition. Un contrôle fiscal se gagne avec des pièces, pas avec des explications.

Sur ce dernier point, le calendrier a changé. Le décret n° 2025-1276 du 19 décembre 2025 impose aux prestataires de services sur crypto-actifs une obligation déclarative et des diligences sur les opérations de leurs clients, en application des articles 1649 AC bis à 1649 AC sexies du Code général des impôts. Il « entre en vigueur le 1er janvier 2026 et s’applique aux transactions réalisées à compter de cette date ». Ce décret porte le volet français du dispositif issu de la directive européenne dite DAC8, la directive (UE) 2023/2226 du Conseil du 17 octobre 2023, qu’il cite en visa. L’obligation déclarative ne pèse pas sur vous : c’est votre plateforme qui déclare. Mais partir du principe que l’administration ne verra rien est une stratégie qui vieillit mal.

L’avis de La Mine Française

La fiscalité fait partie des freins que les acheteurs nous citent avant de commander, au même titre que le bruit et que le prix. Nous ne l’avons pas mesurée, donc nous ne la classons pas. Ce qu’on observe, en revanche, c’est que la peur est mal calibrée : le cadre existe, il est documenté, il tient en deux événements et quatre formulaires. Ce qui manque, c’est une page qui l’explique pour un mineur plutôt que pour un trader.

Philippe, client depuis 2025, ★★★★★

« J’héberge mes 3 miners ASIC via La Mine Française en datacenter : électricité moins chère qu’en France, monitoring 24h/24 et zéro contrainte logistique. Avant, je minais dans mon garage : bruit, surchauffe, factures énormes. Depuis le transfert en hosting datacenter, les machines tournent en continu sans intervention. L’expédition, la configuration et la mise en route ont été entièrement gérées par l’équipe. Je regarde simplement les revenus crypto s’accumuler sur mon wallet. »

Philippe ne parle pas de fiscalité, et c’est justement ce qui nous intéresse. Sa facturation d’hébergement, celle qui lui évite le garage, est aussi le type de pièce qui documente une charge déductible au régime réel. Les justificatifs fiscaux d’un mineur ne se fabriquent pas après coup : ils tombent tout seuls quand l’exploitation est propre.

📊 Performances passées : les chiffres présentés correspondent à des périodes spécifiques et à des conditions individuelles (équipement, tarif électrique, cours BTC à la date d’installation). Ils ne constituent ni une garantie ni une projection de performances futures. Chaque situation est unique.

Aucune machine que nous suivons en hébergement ne tourne en France. Le parc est réparti dans notre réseau de 16 datacenters partenaires, dans 11 pays. Pour un mineur français, ça veut dire deux choses au moment de déclarer : la charge d’électricité n’est pas un tarif réglementé mais une ligne de facture d’hébergement, et le compte sur lequel arrivent les versements peut relever du 3916-bis.

Nous ne sommes ni cabinet comptable, ni avocat fiscaliste, et nous ne rédigerons jamais de montage à votre place. Ce que nous pouvons faire, c’est fournir les pièces, et il y en a trois : une facture d’achat propre pour l’amortissement, une facturation d’hébergement détaillée pour la charge, un suivi de production pour la valorisation des perceptions.

Notre conviction : un mineur qui tient ses relevés au fil de l’eau boucle sa déclaration en une soirée, celui qui reconstitue son année en avril y passe son week-end et multiplie les risques d’erreur.

Questions fréquentes

Dois-je déclarer mon minage si je n’ai rien vendu ?

Oui. Le fait générateur de l’impôt, c’est la perception des bitcoins minés, pas leur conversion en euros. Un mineur qui accumule sans jamais vendre a quand même un revenu d’activité à déclarer, valorisé au cours du jour de chaque versement de pool. C’est une règle qui surprend souvent, et une source fréquente de déclarations incomplètes.

Le minage relève-t-il des BNC ou des BIC ?

Dans le cas général du particulier qui mine, les gains relèvent des bénéfices non commerciaux, sur le fondement de l’article 92 du Code général des impôts. Le régime bascule vers les bénéfices industriels et commerciaux quand l’activité est exercée dans des conditions analogues à celles d’une entreprise. Aucun seuil unique ne tranche : c’est un faisceau d’indices, volume, moyens et organisation.

Comment valoriser les bitcoins reçus de mon pool ?

En euros, au cours du jour de la perception, versement par versement. Deux versements du même nombre de satoshis à trois mois d’écart n’ont pas la même base imposable. Conservez pour chaque versement la date, la quantité reçue et la contrevaleur retenue. Ce sont ces relevés qui justifieront votre revenu déclaré, et plus tard votre prix d’acquisition.

Quels formulaires pour un mineur français ?

Quatre. La déclaration complémentaire des professions non salariées, la 2042-C-PRO, pour le revenu d’activité tiré du minage. L’annexe 2086 pour chaque cession d’actifs numériques. La 2042 pour reporter le résultat avec le reste de vos revenus. Le volet 3916-bis du formulaire 3916-3916 bis pour signaler les comptes ouverts chez une plateforme établie hors de France.

Dois-je déclarer un compte ouvert sur une plateforme hors de France ?

Oui, via le volet 3916-bis du formulaire 3916-3916 bis, même si le compte est vide et même si vous n’avez rien cédé dans l’année. L’obligation porte sur l’existence du compte, pas sur son solde, et l’amende se compte par portefeuille non déclaré. Un portefeuille personnel dont vous détenez seul les clés, sans intermédiaire, n’entre pas dans ce cadre.

Les frais d’hébergement en datacenter sont-ils déductibles ?

Au régime réel, oui : la facture d’hébergement est une charge d’exploitation, au même titre que l’électricité consommée à domicile ou que l’amortissement de la machine. Gardez la facturation détaillée émise par l’hébergeur. Au régime micro, en revanche, aucune de ces charges ne se déduit : l’abattement forfaitaire les remplace toutes.

Suis-je imposé deux fois sur le même bitcoin ?

Non, pas sur la même base. À la réception, vous êtes imposé sur la valeur du bitcoin au jour de la perception, au titre du revenu d’activité. À la revente, vous êtes imposé sur la plus-value seulement, c’est-à-dire sur l’écart entre le prix de cession et cette même valeur déjà imposée, qui sert de prix d’acquisition.

Micro ou réel : comment choisir ?

En comparant, jamais par réflexe. Le micro applique un abattement forfaitaire et supprime toute déduction de charges. Le réel permet de retrancher l’électricité, l’amortissement et l’hébergement, mais impose une comptabilité. Plus vos charges réelles sont élevées face à vos perceptions, plus le réel devient intéressant. L’arbitrage se prépare avec un expert-comptable.

Ce qu’il faut retenir avant votre prochaine déclaration

Trois réflexes, et la déclaration cesse d’être un sujet : datez chaque perception le jour où elle tombe, gardez vos factures d’achat, d’électricité et d’hébergement, revérifiez taux et cases à la source chaque année.

Ce qu’il faut lire ensuite

Trois questions reviennent une fois la déclaration en tête. Pour chacune, la page qui y répond.

  1. Comment fonctionne concrètement la production que vous devez déclarer ? Le guide complet du minage Bitcoin détaille la mécanique de la récompense et des versements de pool.
  2. BNC, PFU, cession d’actifs numériques : le vocabulaire vous perd ? Le lexique du minage crypto reprend les termes un par un, et qu’est-ce que Bitcoin pose les bases pour ceux qui débutent.
  3. Vous voulez chiffrer la charge d’électricité et l’amortissement avant d’acheter ? Notre catalogue ASIC affiche les specs et le calculateur de rentabilité machine par machine.

Une question sur votre situation d’hébergement ou sur vos justificatifs : contact@laminefrancaise.fr.

Sources officielles citées

Chaque source ci-dessous s’ouvre directement sur son document et porte sa date. Liens vérifiés les 6 et 7 septembre 2026, à l’exception de l’article 150 VH bis et de l’article 1736, X, vérifiés le 29 août 2026.

Un seul montant est reproduit dans cette page, celui de 50 000 euros, et uniquement pour corriger la confusion qu’il provoque. Aucun taux, aucun seuil d’imposition, aucun abattement, aucun montant d’amende. Ces valeurs changent d’une loi de finances à l’autre, et elles se lisent à la source, l’année où vous déclarez.

🏛️ Fiscalité crypto en France : le régime fiscal du minage de cryptomonnaies évolue régulièrement. Les chiffres présentés ici sont indicatifs et basés sur la législation en vigueur à la date de l’article. Avant toute décision, consultez votre conseiller fiscal ou rendez-vous sur impots.gouv.fr pour les règles applicables à votre situation personnelle.

⚠️ Avertissement AMF : Risque crypto-actifs : les crypto-actifs ne sont pas réglementés comme produits d’investissement traditionnels. Leur cours peut connaître des variations importantes à la hausse comme à la baisse. Vous pouvez perdre tout ou partie du capital investi. Ce contenu ne constitue pas un conseil en investissement au sens de l’article L321-1 du Code monétaire et financier. Avant tout achat de matériel de minage à des fins lucratives, évaluez votre situation personnelle et consultez si nécessaire un conseiller en investissement financier (CIF) agréé AMF.

À propos de La Mine Française

Guide rédigé par l’équipe éditoriale de La Mine Française, sources fiscales vérifiées et datées les 29 août, 6 et 7 septembre 2026. Rédaction assistée par IA, relue et validée en interne avant publication.

La Mine Française (LMF) est revendeur français de matériel de minage ASIC et opérateur d’hébergement de machines en datacenter, avec une domiciliation administrative au 60 rue François 1er, 75008 Paris. Les machines confiées à LMF tournent dans un réseau de 16 datacenters partenaires répartis dans 11 pays. LMF vend du matériel et héberge des machines : elle n’exerce aucune activité de conseil fiscal ou comptable. Contact : contact@laminefrancaise.fr · https://laminefrancaise.fr